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Journal of Clinical Oncology

PACIFIC : plus de 40% des malades recevant du Durvalumab en maintenance après radiochimiothérapie, sont vivant à 5 ans.

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février 2022

Immunothérapie, Radiothérapie, Traitement des stades III

Il y a plus de 4 ans, en septembre 2017, nous commentions sur ce site les premiers résultats de l’étude randomisée de phase III PACIFIC (cliquer ici) comparant chez 709 malades atteints de cancers bronchiques non à petites cellules de stade III non résécables non progressifs après radiochimiothérapie le durvalumab à un placebo. Un important et significatif bénéfice de survie sans progression était observé. Ensuite, d’autres résultats, ont montré qu’il existait aussi un bénéfice significatif de survie qui persistait à 3 ans (cliquer ici)  et à 4 ans : avec un temps médian de suivi de 34,2 mois, le taux de survie était de 49,6% sous durvalumab et  de 36,3% sous placebo (cliquer ici)

Les nouveaux résultats qui sont présentés ici sont ceux du 11 janvier 2021, date à laquelle 55,5% des patients du bras expérimental et 65,4% de ceux du bras placebo sont décédés. La durée médiane de suivi  à 34,2 mois n’a pas changé depuis la dernière évaluation mais celle des patients censurés (notamment ceux qui étaient connus pour être encore vivants à la date de point), était de 61,6 mois. Le tableau ci-dessous montre les nouveaux chiffres de survie globale et de survie sans progression à cette date :

 

Durvalumab

Placebo

HR de décès (95%CI)

0,72 (0,59-0,89)

Survie médiane (mois)

47,5

29,1

Survie à 5 ans (%) (95%CI)

42,9 (38,2-47,4)

33,4 (22,1-35,1)

HR de PFS (95%CI)

0,55 (0,45-0,68)

PFS médiane (mois)

16,9

5,6

PFS à 5 ans (%) (95%CI)

33,1 (28-38,2)

19 (13,6-25,2)

Comme lors des évaluations précédentes ces bénéfices de survie sans progression et de survie globale ont été observés pour tous les statuts PD-L1 à l’exception de la survie pour les patients dont l’expression de PD-L1 était négative (HR = 1,15 (0,75-1,15)). 

Il y avait aussi, comme lors des évaluations précédentes, une réduction de 41% du risque  décès ou de métastases à distance sous durvalumab et une diminution de l’incidence de nouvelles lésions (24,2 vs 33,3%).  

Les taux de réponse appréciés par un comité indépendant étaient plus élevés sous durvalumab (29,8 vs 18,3%) de même que la durée de réponse. 

On notera enfin que davantage de patients du bras placebo ont reçu une immunothérapie lors de la progression (29,1% vs 12,6%), ce qui donne encore plus de valeur à ce bénéfice de survie.

En analyse multivariée, l’âge jeune, l’histologie non épidermoïde, un PS à 0 et une origine asiatique étaient des facteurs de pronostic favorable. 

Ces nouveaux résultats sont particulièrement intéressants car ils sont donnés au terme d’une durée très prolongée de suivi. Sous immunothérapie de maintenance administrée après radiochimiothérapie, les malades atteints de cancer bronchique non à petites cellules de stade III qui n’étaient pas en progression après radiochimiothérapie ont un taux de survie à 5 ans qui augmente de 10% : ceci  est un progrès très important qui légitime une fois encore  l’immunothérapie adjuvante par durvalumab de ces malades dans le cadre de l’AMM. 

Reference


Five-Year Survival Outcomes From the PACIFIC Trial: Durvalumab After Chemoradiotherapy in Stage III Non-Small-Cell Lung Cancer.

Spigel DR, Faivre-Finn C, Gray JE, Vicente D, Planchard D, Paz-Ares L, Vansteenkiste JF, Garassino MC, Hui R, Quantin X, Rimner A, Wu YL, Özgüroğlu M, Lee KH, Kato T, de Wit M, Kurata T, Reck M, Cho BC, Senan S, Naidoo J, Mann H, Newton M, Thiyagarajah P, Antonia SJ.

J Clin Oncol 2022. Online ahead of print

Auteur

Bernard Milleron

Rédacteur en chef d'EM-Onco.